Un budget qui ne passera pas à l’histoire pour la Gaspésie

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Un budget qui ne passera pas à l’histoire pour la Gaspésie

Gaspé, le 27 mars 2018 – Même en période de forte croissance économique et de surplus budgétaires records, plusieurs des enjeux majeurs de la Gaspésie ne seront pas résolus par le budget 2018-2019 de l’actuel gouvernement libéral, selon le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.
Que ce soit au niveau des transports, de la santé, de l’éducation ou du développement régional, le budget d’aujourd’hui ne répond pas aux attentes du milieu.

Transport terrestre :

Pour les réseaux routiers 132, 197, 198 en Gaspésie, on passe de 84 millions par année en 2014 à 67.5 millions en 2018. C’est un total de 120 millions de budgets perdu dans la région en 4 ans. D’où l’absence généralisée de projet de reconstruction de routes et une majorité de travaux se limitant à du resurfaçage temporaire.

Qu’en est-il des travaux de reconstruction de la route 132 en Haute-Gaspésie après plus d’un an et où 100 kilomètres de tronçon ont dû être fermé en raison de l’érosion du littoral? Ira-t-on plus loin que le stade des études? À quand des travaux majeurs au réseau routier de l’Estran? La réponse n’est pas dans le budget 2018-2019.
À l’échelle nationale, on passe de 525.5 millions en 2013-2014 à 473.9 millions en 2018-2019.

Transport ferroviaire :

Dans ce dossier, on prévoit 12.5 millions sur 5 ans pour l’entretien du réseau de chemin de fer gaspésien. C’est sensiblement les mêmes sommes que Transports Québec a toujours investies sur ce réseau.

« Incroyable que dans le budget 2018-2019 on prévoit réaliser entre avril 2018 et l’été 2021 le projet de construction du nouveau Réseau Express Métropolitain (REM) évalué à 6.3 milliards et qu’en Gaspésie, après un an de l’annonce du Premier ministre du Québec de 100 millions pour la réhabilitation du chemin de fer de la Gaspésie, il n’y a que 4 millions d’investis et qu’on soit incapable de confirmer un échéancier précis des travaux qui consistent strictement en la réparation de ponts de chemin de fer existants. Est-ce les technologies qui sont si différentes entre Montréal et la Gaspésie ou plutôt le niveau de volonté politique qui est fort différent? » a déclaré le député de Gaspé.

Transport aérien :

Au plan de l’aide financière pour les infrastructures, il est difficile d’envisager que l’ensemble des améliorations nécessaires aux quatre aéroports gaspésiens seront réalisées, car le budget 2018-2019 s’établit à 53.8 millions alors qu’il y a cinq ans celui-ci était de 61.1 millions.

Très peu d’informations sont disponibles au niveau de la mise en place de nouveaux transporteurs aériens afin de casser les monopoles existants.

Pour ce qui est du programme de réduction des tarifs aériens, bien que la Gaspésie soit ajoutée à la liste des régions admissibles, concrètement cela signifie qu’un ou une voyageuse aura droit à une réduction de 30% de son billet d’avion avec un plafond de remboursement total et maximal de 500$ par année. Ce n’est pas avec une telle mesure que l’on va rendre le service aérien accessible aux gaspésiens et gaspésiennes.

Développement régional :

Bonne nouvelle! Le gouvernement a opté pour le renouvellement du programme FAIR (existant depuis plus de dix ans) au montant de six millions par année.

Tel que prévu, le programme FARR passe quant à lui de 1.6 million à 2.5 millions en 2018-2019. C’est toutefois beaucoup moins que les dix millions annuels coupé depuis 2015 avec l’abolition de la CRÉ ainsi que les coupes budgétaires récurrentes des CLD depuis 2015.

Immigration et main d’oeuvre :

La pénurie de main-d’oeuvre est une réalité de plus en plus présente en Gaspésie, comme partout au Québec, le gouvernement confirme donc son annonce de décembre 2017 à l’effet de réinstaurer une direction régionale en matière d’immigration pour la région Bas-Saint-Laurent – Gaspésie. Une bonne nouvelle qui toutefois ne fait que corriger l’erreur de 2014 de ce même gouvernement qui avait aboli ce service dans notre région. On peut également se questionner à savoir si le niveau de service qui sera offert satisfera les nouveaux besoins accrus en matière d’immigration et de main d’oeuvre, car le budget national du ministère s’établissait à 811.5 millions en 2013-2014 alors que l’actuel budget 2018-2019 est de 347 millions.

« Après une analyse sommaire, plusieurs questions demeurent à explorer au sein du budget et espérons que les informations seront dévoilées rapidement. Notamment la portion du budget gaspésien relié au secteur forestier (tordeuse des bourgeons d’épinettes, reboisement, etc.), les budgets de soutien à la crise dans le domaine de la pêche à la crevette, les mesures afin d’enrayer la pénurie de médecins spécialistes en Haute-Gaspésie, l’aide alimentaire, les ressources spécialisées dans les écoles et finalement le soutien financier aux organismes communautaires » a déclaré le député Lelièvre.

De plus, le député de Gaspé considère que l’augmentation budgétaire de 4.5 milliards lors de l’année électorale fût obtenue en raison de lourdes mesures d’austérités dans l’ensemble des sphères de la société québécoise au cours des quatre dernières années. Il est décevant de constater que cette façon de faire est encore présente au Québec en 2018. À quand un budget et un gouvernement qui accompagnera réellement la Gaspésie et les régions dans leur développement ?